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Pourquoi le petit « tac-tac » d'un séisme
arrive-t-il avant le grand tremblement ?

Pendant un séisme, on ressent d'abord un léger « tac-tac », puis, un peu plus tard, un grand tremblement. Cet ordre est presque toujours le même. C'est parce que deux types d'ondes partent en même temps depuis les profondeurs, et que l'une des deux arrive avant l'autre. Et ce décalage de quelques secondes est précisément ce qui rend possible l'alerte précoce aux séismes.

Publié le : 16.08.2026 Difficulté : ★☆☆ (aucune connaissance requise) Les formules n'apparaissent que dans le volet dépliable final
Rappelons d'abord comment ça se passe

Quand un séisme survient, il est rare qu'il commence directement par une forte secousse. On perçoit d'abord de petites vibrations, un léger cliquetis. Parfois, seule la vaisselle tinte faiblement.

Quelques secondes après avoir pensé « c'est un séisme », arrive une grande secousse. C'est là le vrai moment. C'est généralement elle qui fait tomber les objets des étagères et qui nous fait perdre l'équilibre.

Plus le séisme est lointain, plus l'intervalle entre ces deux phases s'allonge. Si vous sentez un « assez long » intervalle, cela signifie que l'épicentre est loin.

Pourquoi les secousses d'un même séisme nous parviennent-elles en deux temps ?

1
Deux types d'ondes partent en même temps sous terre

L'une est une onde de compression, l'autre une onde de cisaillement. Elles partent du même endroit au même instant, mais leur vitesse de propagation diffère.

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La plus rapide est faible, la plus lente est forte

L'onde de compression, qui arrive en premier, provoque une faible secousse ; l'onde de cisaillement, qui arrive plus tard, provoque une forte secousse. D'où l'ordre « faible puis fort ».

Ce décalage n'est pas dû au hasard : il découle des propriétés physiques du sol lui-même. Voyons cela dans l'ordre.

① Les deux ondes se propagent différemment Onde de compression (rapide, arrive avant) comprimé sens de propagation = même sens de vibration Onde de cisaillement (lente, arrive après) vibration latérale sens de propagation = perpendiculaire à la vibration Le sol résiste plus à la compression qu'au cisaillement → l'onde de compression va plus vite ② Départ simultané, arrivée séparée épicentre départ simultané rapide (env. 6-7 km/s) lente (env. 3-4 km/s) votre maison tac-tac secousse forte cet écart = distance à l'épicentre
Fig. 1 : en haut, la différence entre les deux ondes. L'onde de compression se propage en comprimant et étirant le sol dans le sens de propagation, comme lorsqu'on pousse un ressort ; l'onde de cisaillement fait vibrer le sol latéralement, comme lorsqu'on agite une corde. En bas, l'arrivée : parties en même temps mais à des vitesses différentes, elles arrivent d'abord en tac-tac, puis en secousse forte. Cet intervalle traduit la distance à l'épicentre.

Pourquoi l'onde de compression est-elle plus rapide ?

Un solide comme le sol peut se déformer de deux façons.

Or, la matière résiste fortement à la compression, mais résiste relativement faiblement au cisaillement. Imaginez une gomme : difficile à écraser, mais facile à tordre sur le côté.

La vitesse d'une onde augmente avec la résistance du matériau et diminue avec sa densité. C'est comme une corde bien tendue, qui produit un son plus aigu (une onde plus rapide).

Donc, l'onde de compression, qui exploite la forte résistance à la compression, est rapide, tandis que l'onde de cisaillement, qui exploite la faible résistance au cisaillement, est lente. L'ordre ne peut jamais s'inverser.

Les deux ondes partent au même instant, du même séisme.
Si l'ordre d'arrivée diffère, c'est à cause de la résistance du sol à la déformation.
💡 Ces deux types d'ondes nous ont révélé l'intérieur de la Terre

Voici où l'histoire devient surprenante. L'onde de cisaillement ne peut pas traverser un liquide. Un liquide n'a pas de « force qui maintient sa forme » : quand on le cisaille, il ne revient pas en place, et l'onde ne peut donc pas s'y propager.

Au début du XXe siècle, en rassemblant les enregistrements des observatoires du monde entier après de grands séismes, des chercheurs ont remarqué quelque chose d'étrange. Dans une certaine zone à l'opposé de l'épicentre, l'onde de cisaillement n'arrivait absolument pas.

Une seule explication est possible : il existe une couche liquide à l'intérieur de la Terre. Une structure jamais observée directement, à plusieurs milliers de kilomètres sous nos pieds, a ainsi été révélée par le seul enregistrement des secousses du sol. C'est grâce à cette observation que nous savons que « le noyau externe de la Terre est liquide ».

Un décalage de quelques secondes rend l'alerte possible

L'alerte précoce aux séismes exploite ce décalage temporel.

La station d'observation la plus proche de l'épicentre capte l'onde de compression, qui arrive en premier, et transmet l'information sous forme de signal électrique. Un signal électrique se propage bien plus vite qu'une onde sismique, si bien que l'alerte peut parvenir avant l'arrivée de la forte secousse.

Cette méthode comporte toutefois des limites inévitables.

✅ Quand l'alerte sonne ou que la secousse commence ― trois choses à faire
  1. Protégez d'abord votre tête et baissez-vousGlissez-vous sous une table solide et tenez-en les pieds. S'il n'y en a pas, allez dans un endroit où rien ne peut vous tomber dessus, se renverser sur vous ou se déplacer vers vous. Éloignez-vous des vitres, des meubles hauts et des luminaires suspendus.
  2. Ne vous précipitez pas dehors. Ne courez pas non plus éteindre le feuÀ l'extérieur, la chute d'objets est dangereuse. Coupez le gaz de la cuisinière seulement après que la secousse s'est calmée. Les appareils à gaz actuels s'arrêtent souvent automatiquement dès qu'ils détectent une secousse ; s'en approcher de force est plus risqué.
  3. Une fois la secousse calmée, vérifiez votre sécurité avant d'agirProtégez vos pieds avec des chaussons ou des chaussures (du verre peut être répandu au sol) et dégagez une sortie. En cas de blessé, appelez le 15 (ou le numéro d'urgence local). Dans les zones exposées à un tsunami, évacuez immédiatement vers un point élevé sans attendre l'alerte.

L'« intervalle » permet de connaître la distance

Comptez le nombre de secondes entre le début du tac-tac et l'arrivée de la forte secousse. En multipliant ce nombre de secondes par environ 8, on obtient approximativement la distance à l'épicentre, en kilomètres.

5 secondes donnent environ 40 km, 10 secondes environ 80 km. C'est une relation très simple, mais elle a été établie au Japon au XIXe siècle, et elle sert encore aujourd'hui de repère.

Inversement, un séisme sans presque aucun intervalle signifie que l'épicentre est très proche. Une secousse brutale et violente dès le premier instant signifie qu'elle s'est produite juste en dessous ou tout près de vous.

Ce qu'on peut vérifier chez soi

🧪 Une observation en 5 minutes : reproduire les deux ondes avec un ressort et une corde
  1. Étirez un long ressort (jouet en spirale) sur le sol et tenez une extrémité
  2. En poussant l'extrémité que vous tenez rapidement d'avant en arrière, la partie comprimée se déplace le long du ressort. C'est l'onde de compression.
  3. En agitant l'extrémité du même ressort (ou d'une corde) d'un coup, latéralement, une ondulation latérale se déplace le long. C'est l'onde de cisaillement.
  4. Comparez la vitesse des deux en rendant le ressort plus ou moins tendu
  5. Ensuite, agitez latéralement le bord d'un bac rempli d'eau. Vous constaterez que la déformation latérale ne se propage pas telle quelle

Avec le même ressort, on voit que la façon de l'agiter change complètement le mode de propagation. Et dans l'eau, la déformation latérale ne se propage pas — c'est exactement le fait que « l'onde de cisaillement ne traverse pas un liquide », l'indice qui a permis de découvrir que l'intérieur de la Terre est liquide. Le bac de votre cuisine et le noyau de la Terre obéissent à la même logique.

En résumé

Le tac-tac arrive en premier parce que le sol résiste fortement à la compression, mais faiblement au cisaillement. L'onde qui exploite la résistance la plus forte va plus vite et arrive en premier. Ce décalage de quelques secondes rend possible l'alerte précoce aux séismes, et cette même propriété nous a révélé la structure interne de la Terre.

Le premier tac-tac est un avertissement.
Protégez votre tête avant de compter les secondes.

Même après que la forte secousse s'est calmée, le sol lui-même peut s'affaiblir sur des terrains gagnés sur la mer, un phénomène appelé « liquéfaction ». Son mécanisme est expliqué dans l'article sur la liquéfaction. Par ailleurs, la raison pour laquelle de petites secousses continuent pendant plusieurs jours après un grand séisme est traitée dans « Pourquoi les répliques d'un grand séisme durent-elles plusieurs jours ? ».

Pour en savoir plus ― termes, formules et liens avec les manuels scolairesDu collège jusqu'aux sujets de recherche actuels, chaque niveau est clairement indiqué
Comment lire les étiquettes qui suivent
  • Collègeniveau enseigné au collège
  • Lycéeniveau des matières « physique-chimie de base » et « sciences de la Terre de base » au lycée
  • Lycée+niveau « physique » ou « sciences de la Terre » avancées au lycée, ou contenu traité comme approfondissement dans les manuels
  • Universitécontenu non enseigné au lycée, relevant d'une matière universitaire spécialisée (sismologie, théorie de l'élasticité)
  • Recherchesujet non encore établi comme « acquis » même à l'université, actuellement à l'étude par les chercheurs

CollègeVocabulaire : les mots du séisme

LycéeVérification par le calcul : compter les petites secousses donne la distance à l'épicentre

Quand un séisme survient, on ressent d'abord de petites vibrations en tac-tac, suivies d'une forte secousse. En comptant simplement le nombre de secondes entre les deux, on peut calculer la distance à l'épicentre.

① D'abord, pourquoi en deux temps ?

distance = vitesse × temps

onde rapide (onde P)environ 7 km/s
onde lente (onde S)environ 4 km/s
nombre de secondes d'écartdurée des petites secousses [s]

Au même instant, depuis le même point, deux ondes de vitesses différentes partent. Plus la distance est grande, plus l'écart à l'arrivée se creuse. C'est comme un marathon : l'écart entre un coureur rapide et un coureur lent s'accroît avec la distance.

Donc, le nombre de secondes d'écart devient directement une mesure de la distance.

② Établissons la formule

Soit D la distance à l'épicentre et t la durée des petites secousses. Les temps d'arrivée respectifs sont D ÷ 7 et D ÷ 4. Leur différence est t. En réarrangeant, on obtient :

D = t × (7 × 4) ÷ (7 − 4)

calcul du numérateur7 × 4 = 28
calcul du dénominateur7 − 4 = 3
division28 ÷ 3 ≒ 9,3
en résuméD ≒ t × 9,3 (km)

La règle bien connue du « nombre de secondes × 8 » est un ajustement de ce 9,3 à la structure réelle du sous-sol (la vitesse des ondes varie avec la profondeur). Retenir simplement « secondes × 8 à 9 km » suffit.

③ Application numérique
petites secousses pendant 3 s3 × 8 = 24 km
petites secousses pendant 10 s10 × 8 = 80 km
petites secousses pendant 30 s30 × 8 = 240 km

Un point important ici : un intervalle long ne signifie pas « loin donc tranquille ». Si l'on ressent une secousse malgré la distance, cela signifie que le séisme est d'autant plus important.

Inversement, si la forte secousse arrive sans laisser le temps de compter, l'épicentre est proche. Dans tous les cas, ne comptez qu'après vous être mis à l'abri.

④ Combien de secondes l'alerte précoce peut-elle « gagner » ?

L'alerte fonctionne en détectant l'onde P, arrivée en premier, pour signaler l'onde S à venir. Le temps gagné se calcule avec la même formule qu'au point ②.

distance à l'épicentreon prend 100 km
arrivée de l'onde P100 ÷ 7 ≒ 14 s
arrivée de l'onde S100 ÷ 4 = 25 s
différence25 − 14 = 11 s

11 secondes. Et comme il faut aussi quelques secondes entre la détection et la diffusion de l'alerte, le temps réellement disponible pour agir est encore plus court.

Et plus l'épicentre est proche, plus cet écart se réduit. À 20 km, on a 20 ÷ 7 ≒ 3 s et 20 ÷ 4 = 5 s, soit un écart de seulement 5 − 3 = 2 secondes. Pour un séisme survenant juste sous nos pieds, l'alerte n'a pas le temps d'arriver avant la secousse. Ce n'est pas un problème technique, mais une limite fixée par la vitesse même des ondes.

C'est pourquoi « réfléchir après avoir reçu l'alerte » arrive trop tard. Fixer les meubles, ne rien laisser près du lit qui puisse tomber : ces précautions prises à l'avance sont bien plus efficaces.

⑤ Exercice : quelle différence entre deux magnitudes qui diffèrent de 2 ?

La magnitude est une échelle où chaque unité supplémentaire multiplie l'énergie par environ 32. Elle augmente par multiplication, pas par addition.

différence entre M7 et M832 fois
différence entre M7 et M932 × 32 = 1024 fois

« M7 et M9 ne diffèrent pas que de 2 » : c'est environ 1000 fois plus. Comme les chiffres semblent petits, il est difficile de se représenter l'ampleur réelle de l'écart. Connaître le sens de cette échelle change complètement la façon de recevoir la même annonce.

LycéeD'où vient la règle du « secondes × 8 » ?

Soit d la distance à l'épicentre, et Vp, Vs les vitesses des ondes P et S. L'écart des temps d'arrivée s'écrit :

t = d/Vs − d/Vp

En résolvant pour d, on obtient d = t × Vp·Vs/(Vp − Vs). Appliquons des valeurs numériques.

Calcul avec des vitesses représentatives
vitesse de l'onde Penviron 8 km/s
vitesse de l'onde Senviron 4 km/s
coefficient Vp·Vs/(Vp−Vs)8 × 4 ÷ (8 − 4) = 8
si le temps P-S est de 10 sd ≒ 8 × 10 = 80 km

※ La vitesse réelle variant selon la structure du sous-sol, ce coefficient se situe généralement entre 6 et 8. À utiliser comme simple repère.

Cette relation est appelée formule d'Omori, du nom d'Ōmori Fusakichi et de ses collègues, qui l'ont étudiée au Japon à l'époque Meiji. Le fait de pouvoir déterminer la distance à l'épicentre avec pour seul outil une horloge en fait encore aujourd'hui un fondement de l'enseignement des sciences de la Terre.

Lycée+Ce qui détermine la vitesse d'une onde

La vitesse d'une onde dans un solide élastique s'exprime approximativement par v = √(module d'élasticité / densité). Plus c'est rigide, plus l'onde va vite ; plus c'est dense, plus elle va lentement.

Or, les deux types d'ondes exploitent une « rigidité » différente.

Le terme sous la racine de l'onde P est toujours plus grand, donc Vp > Vs est garanti mathématiquement. L'ordre ne peut, en principe, jamais s'inverser. Pour une roche typique, le rapport est d'environ 1,7.

Et dans un liquide, μ = 0, donc Vs = 0. L'onde S ne se propage pas. Tout ce qui est dit dans le texte principal découle de cette seule ligne.

UniversitéRadiographier la Terre à partir des enregistrements de secousses

Les ondes sismiques se réfractent et se réfléchissent aux frontières où la matière souterraine change, tout comme la lumière se courbe dans le verre. Cette propriété permet, à partir des temps d'arrivée des ondes enregistrés par des stations du monde entier, de reconstituer par le calcul la structure des vitesses à l'intérieur de la Terre.

Une des premières grandes découvertes a été celle de « l'ombre » des ondes S. Dans les années 1910, on a constaté qu'il existait une zone, entre environ 103° et 143° d'angle par rapport à l'épicentre, où l'onde S n'arrivait absolument pas, ce qui a établi l'existence d'un noyau externe liquide. Cela a été suivi par la découverte du noyau interne (solide) en 1936, par Inge Lehmann.

Aujourd'hui, on utilise la tomographie sismique, qui combine les données de nombreux séismes et stations pour reconstituer une distribution tridimensionnelle des vitesses. Elle est utilisée pour suivre le devenir des plaques subductées ou estimer les courants du manteau, selon le même principe qu'un scanner médical.

RechercheCe qui n'est pas encore résolu

Liens avec les programmes scolaires (par niveau)

NiveauMatière / unitéPassage de l'article
CollègeSciences・secousses sismiques et propagation/durée des micro-secousses initialesOndes P et S, intensité et magnitude, secondes × 8
LycéePhysique-chimie de base・ondes (longitudinales et transversales)/sciences de la Terre de base・intérieur de la TerreDifférence entre les deux ondes, dérivation de la formule d'Omori
Lycée+Physique・élasticité et vitesse des ondes (souvent traité en approfondissement)v=√(module d'élasticité/densité), raison pour laquelle l'onde S ne traverse pas les liquides
UniversitéSismologie・théorie de l'élasticité・géophysiqueOmbre de l'onde S, découverte du noyau externe et interne, tomographie
RechercheSismologie (non résolu)Limites de la prédiction, croissance de la rupture, glissement lent
Éducation à la prévention des risquesSe protéger la tête, ne pas sortir, agir une fois la secousse calmée
Références et sources
  1. Explications de l'Agence météorologique du Japon (気象庁) sur les séismes et le fonctionnement et les limites de l'alerte précoce aux séismes.
  2. Shearer, P. M., Introduction to Seismology (manuel de référence de sismologie).
  3. Lehmann, I., P', Publications du Bureau Central Séismologique International, 1936 (découverte du noyau interne).
  4. Obara, K., Nonvolcanic deep tremor associated with subduction in southwest Japan, Science 296, 1679–1681, 2002 (découverte du trémor profond à basse fréquence).
  5. Documents du Cabinet du Premier ministre japonais (内閣府) et des collectivités locales sur les comportements à adopter et la préparation en cas de séisme.

※ La vitesse des ondes sismiques et les coefficients associés varient selon la structure du sous-sol. Cet article présente des valeurs de référence couramment utilisées.

※ Cet article est une vulgarisation scientifique à destination du grand public. En cas de séisme, suivez les consignes de l'Agence météorologique, des services de secours et des collectivités locales, ainsi que les plans de prévention de votre région. Dans les zones exposées à un tsunami, évacuez immédiatement vers un point élevé sans attendre l'alerte. Les valeurs indiquées sont des repères destinés à faciliter la compréhension des mécanismes.